M comme Maroc

Publié le par Dominique

Carte du Maroc
Carte du Maroc

M comme Maroc, pays qui compta tant pour les miens, tant du côté paternel que maternel !

Alphonse resta au Maroc, lorsqu'il prit congé de l'Armée. Il s'installa à Meknès, avec son épouse et ses deux fils, l'un, l'aîné, mon père, né à Gray, Franche-Comté, l'autre, le cadet, né à Taza, Maroc, lors d'une de ses affectations. Il se fit acquéreur d'une ferme dont il confia l'exploitation à un régisseur, puis à son fils aîné, lorsque ce dernier fut en âge de s'en occuper. Ses enfants restèrent jusqu'en 1959 environ avant de partir vers d'autres cieux...

Mes parents se marièrent à Meknès, à l'Eglise Notre-Dame-des-Oliviers, et leurs enfants y furent baptisés.

Mes grands parents maternels, nés en France, côté père, tous bretons, côté mère, mi- picards, mi-suisses, résidaient au Maroc depuis mars 1922. Mon grand-père fut nommé conducteur des Travaux Publics, le 1er mars 1922, aux travaux municipaux de Kénitra (sa fille aînée, ma tante, y naquit). Reçu Ingénieur des Travaux Publics de l'Etat en 1923, il fut envoyé à Fès (sa fille cadette, ma mère y naquit) le 1er mai 1924 comme chef de la subdivision de l'hydraulique. Il y resta cinq ans. Il se distingua en particulier dans l'établissement des projets et dans l‘exécution des travaux d'assainissement et de dérivation de l'Oued N'JA. En 1929, il vint à Rabat et entreprit les études de la conduite d'adduction d'eau de Rabat à Casablanca et du chemin d'accès au barrage d'El Kansara sur l'Oued Beth. En 1930, il fut muté à Meknès, où ils finirent par s'installer. Parmi ses nombreux travaux : l‘exécution de la route d'El Hajeb à Ifrane, de la piscine et de l'alimentation en eau d'Ifrane.
Agé de 41 ans, père de deux enfants, Il aurait pu demeurer au Maroc, d'autant plus facilement que ses chefs, étant donné l'importance des services qu'il rendait, voulaient le faire mettre en affectation spéciale, mais Président de l‘Association des Officiers de Réserve Républicains, déjà engagé volontaire pendant la guerre 1914-1918, il estima qu'il devait montrer l'exemple et préféra partir en 1939 en tant que Capitaine à l'Etat Major de la 1ère Division Marocaine. Il mourut le 27 mai 1940, à 9 h, à Annoeulin, Nord, Nord Pas de Calais, rue Roger Salengro. Il y fut enterré puis ré inhumé à Saint-Jacut-de-la-Mer, Côtes d'Armor, Bretagne, le 17 décembre 1950, en présence de sa fille cadette, ma mère. Sa famille ne fut informée de son décès que le 15 juillet 1941.
Il fut déclaré "Mort pour la France", le 9 juin 1942, et la Légion d’Honneur lui fut octroyée à titre posthume. Ses filles furent déclarées "Pupilles de la nation". Une rue de Meknès portera son nom jusqu’à l’indépendance du Maroc.
Sa fille aînée, ma tante, mariée à un chirurgien et résidant à Agadir, perdit l'un de ses enfants, sa fille aînée, âgée d'une dizaine d'année, lors du tremblement de terre. Après un passage à Casablanca, ils revinrent en France.

Et voilà, comment deux branches familiales, paternelle comme maternelle, se retrouvèrent un temps au Maroc. Pays que les miens adorèrent, et qu'ils quittèrent avec beaucoup de tristesse.
Mon grand-père paternel, Alphonse, y mourut mais sa dépouille fut rapatriée et inhumée à Lorient.
Ma grand mère maternelle y mourut mais sa dépouille fut également rapatriée et inhumée, auprès de son époux, à Saint-Jacut-de-la-Mer.

Publié dans Challenge AZ 2015

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