O comme Orphelin

Publié le par Dominique

Adrienne Valentin, tante paternelle d'Alphonse
Adrienne Valentin, tante paternelle d'Alphonse

Alphonse fut orphelin très tôt, à l’âge de 17 mois, de sa mère, Marie-Célina Rattaire (+1892), puis à l’âge de 3 ans, de son père Alphonse (+1894).
Ses parents, mariés en 1885, eurent deux garçons et une fille, qu’il n’a pas connu puisqu’ils ne vécurent que quelques jours, quelques semaines, voire deux ans pour la dernière : Arthur Jean Baptiste (1886), Etienne Louis Marius (1887), Marie Alphonsine (1888).
Veuf, son père se remaria en mars 1894 et décéda en octobre de la même année, peu de temps après la naissance de son fils Edouard en août 1894. Il eut le temps de connaître son fils Edouard deux mois environ… Ce dernier décéda en 1896, à l’âge de 17 mois !
Il avait emménagé avec sa seconde femme à Anould, non loin de Saint-Michel-sur-Meurthe, Vosges, Lorraine.

Alphonse, le seul survivant de ses enfants, né de sa première épouse, vécut-il un tant soit peu avec son père à Anould ? Je m'interroge également sur la raison du décès de ses parents ? Serait-ce mentionné dans un document quelconque ? Comment devenait-on tuteur d'un orphelin en 1894 ? Comment était-il désigné ? Pourrais-je trouver une réponse quelque part aux AD d'Epinal, Vosges, Lorraine ?

Ses grands-parents maternels étaient déjà décédés, idem pour le grand-père paternel. La grand-mère paternelle était âgée de 70 ans et, après avoir élevé dix enfants, aspirait peut être à un peu de paix… Quoi qu’il en soit, plus tard, ce même Alphonse raconta à son fils aîné, qu’il eut l’occasion de croiser sa grand-mère sur un quai de gare (lequel ? À quelle occasion ?), qu’elle lui demanda « C’est toi mon petit-fils Alphonse ? », qu’il la salua, lui répondit par l’affirmative et lui tourna le dos… Il aurait ajouté : « on peut pardonner, mais pas oublier… ». Que s’était-il passé ? Mystère. Il avait alors 8/9 ans.

Orphelin donc, il fut élevé par sa tante paternelle Adrienne Valentin et son époux, devenu son tuteur. Ils vivaient dans la ferme familiale, à Saint-Michel-sur-Meurthe.

Il partagea la chambre de leur fils, dénommé Sylvain, et d’un autre de ses cousins, Gustave Idoux, également orphelin et recueilli par la même Adrienne. Ils étaient très facétieux et s’entendaient, bien qu’il existait une certaine différence d’âge entre eux. Gustave était né en 1882, Sylvain en 1886 et Alphonse, en 1891.
Il était surnommé "Phofonse" ou "Bounot" (en patois, bonnet ?).
Il partait tôt, en courant, en sabots, dans la neige, pour arriver le premier à l’école (2 km environ) et pouvoir se placer près du poêle et y réchauffer au mieux sa gamelle, l’heure venue.

D'où je tiens ces rares petites anecdotes ?
Souvenez vous, au décès de mon père, je me suis lancée dans la généalogie pour en apprendre un peu plus sur sa famille, que je n'ai jamais connue, excepté son père : Alphonse, mon grand-père. C'étaient des taiseux, ils se confiaient très peu.
Je ne savais comment démarrer. De par son acte de naissance, je savais qu'Alphonse était né à Saint-Michel-sur-Meurthe. J'eus l'idée d'appeler la mairie, de me présenter et de leur demander si, à leur connaissance, il y avait encore des "Valentin" dans la commune, vivants ou décédés, s'il y avait des tombes, s'il y avait quelqu'un qui s'en occupait ?
J'eus la chance d'avoir contacté une personne adorable qui a pris le temps de faire quelques recherches, et de me communiquer les prénoms et nom d'une personne, qui, probablement, était de la famille, qui, en tous les cas, se rendaient parfois sur des tombes "Valentin"...

J'ai contacté par téléphone cette personne, Sylvie Antoinette, né en 1920 à Saint-Michel-sur-Meurthe, qui s'est révélée être la petite fille du couple Adrienne et Antoine qui recueillit Alphonse, lorsqu'il devint orphelin. Dés lors, nous nous sommes téléphoné ou écrit régulièrement. Et elle me raconta ainsi tout ce dont elle se souvenait de lui, et de sa famille, des miens, en fait, quelque part des nôtres. Et lors de ma première (et malheureusement encore dernière à ce jour) visite aux Aux Archives Départementales d'Epinal, Vosges, Lorraine, dont je l'avais informée, elle me fit la surprise de venir me chercher à la gare et de m'inviter à séjourner chez elle. Je fis ainsi sa connaissance et nous pûmes discuter plus longuement, échanger des photos... Elle ne put malheureusement m'aider à annoter certaines photos anciennes. Peut être ai-je, sans le savoir, le portrait de mes arrière-grands-parents ! Je n'en ai strictement aucune d'Alphonse enfant.

Sylvie Antoinette est une femme absolument étonnante, plus toute jeune, bien sûr, et pourtant quel dynamisme, quelle joie de vivre, quelle envie de transmettre...
Je ne la remercierai jamais assez.

Publié dans Challenge AZ 2015

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