S comme Signatures

Publié le par Dominique

S comme Signatures

​Curieuse d'appréhender un peu mieux le degré d'instruction que pouvaient avoir mes ancêtres, j'ai observé leurs signatures figurant sur les actes que je consultais, notamment les plus anciens, ceux du 17ème siècle, seule piste que j'avais pour me faire ma petite idée...

Auparavant, concernant la "signature", voici, d'une façon très succincte, ce que j'ai glané comme informations à droite et à gauche :

Un petit peu d’histoire :
Au cours du XIIIème : les lettrés comme les illettrés traçaient des seings manuels sur les testaments.
Vers 1250 : les notaires commençaient à produire un seing formé des lettres de leur nom avec quelques traits de plumes.
Vers 1296 : le seing du nom était adopté par la chancellerie royale, l’administration et les notaires. Ce fut la naissance de la signature.
Vers 1530 : les noms propres commençaient à se fixer en France.
1554 : l’ordonnance de Fontainebleau rendit obligatoire la signature des parties sur les actes notariés.
1790 : les 2/3 des Français ne savaient ni lire ni écrire. 63% des conjoints ne savaient pas signer leur acte de mariage.
1792 : le porteur d’un passeport devait désormais signer.
Au cours du XIXème siècle : les signatures qui ne transcrivaient pas systématiquement le patronyme disparurent.
2000 : la signature électronique d’un document a la même valeur légale qu’une signature manuscrite.

Que peut nous apprendre une signature ?
D'une façon générale, la signature traduisait d'abord le niveau d'instruction. Une signature avec ruche (ruche = fioriture à côté de la signature), fréquente notamment chez les notaires et les hommes de loi, traduisait l'instruction supérieure, comme aussi, plus ou moins, une signature "fluide". A l'inverse, une signature lente, grossière ou "en bâton" traduisait plutôt l'aptitude à la lecture seule, et non à l'écriture.
De plus, l'aptitude à signer variait au plan géographique, avec des régions, de tout temps nettement plus avancées que d'autres.

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En ce qui concerne les "Valentin", la plus lointaine signature recueillie, pour l'instant, est celle de Claude Valantin, né aux alentours de 1740, et décédé en mars 1741, âgé d'une quarantaine d'années.
J'ignore quel était son métier, mais il signait lisiblement, au contraire de son épouse Marguerite, qui se contentait d'une croix, comme beaucoup de ses contemporaines.
Marguerite signa l'acte de décès de son époux en 1741, quant à Claude, j'ai relevé sa signature sur quelques actes retrouvés sur les registres paroissiaux de Grandvillers, Vosges, Lorraine, dont un deux mois avant son décès.

S comme Signatures

Son fils Claude, Valentin écrit avec un "e" désormais, né aux alentours de 1727, décédé en 1793, à l'âge de 66 ans, épousa à La Chapelle-devant-Bruyères, Vosges, Lorraine, une certaine Barbe Gehin, qui savait signer. Quant à lui, il était régent d'école (entre autres, car j'ai pu relever aussi, greffier, huissier, arpenteur), il avait donc une "certaine" instruction, et cela se ressent dans sa signature avec ruche.

S comme Signatures

Son fils, Jean-Nicolas, né en 1759 à La Chapelle-devant-Bruyères, Vosges, Lorraine, décédé en 1844 à Saint-Michel-sur-Meurthe, Vosges, Lorraine, se maria à deux reprises, avec Marie Agathe Brabant en 1784, à Saint-Dié, Vosges, Lorraine, une première fois, puis une deuxième fois, avec Catherine Gérardin en 1809 à Saint-Michel-sur-Meurthe.
Cultivateur et Maréchal Ferrand, il savait signer, tout comme ses épouses.

Et ainsi de suite...

Il y a déjà quelques années, lors d'un réveillon de Noël en famille, une vingtaine de personnes, dont des ados qui n'avaient pas encore de signature bien définie, qui s'essayaient à la trouver, il m'a paru amusant de demander à celles et ceux qui signaient de leur nom "Valentin" de le faire sur une feuille blanche. Histoire de les comparer entre elles, ainsi qu'à celles des "anciens". Ce fut un vrai moment de gaieté, et d'étonnement : il y avait un petit quelque chose d'approchant : écriture inclinée, même forme pour le V...

Mais n'était-ce pas un peu normal ? Lorsque l'on se cherche un tant soit peu, n'a t-on pas le réflexe, dans un premier temps, à se référer à quelqu'un de proche ? Un père pour son fils, par exemple ? et de l'imiter plus ou moins, temporairement, consciemment ou inconsciemment ?

Publié dans Challenge AZ 2015

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D'ors et d'arts 22/06/2015 23:43

Ces observations sont très intéressantes, et l'article est très bien fait, bravo !

Dominique 23/06/2015 08:21

Merci à vous.