Denise Jeanningros, Ma grand-mère, Génération 3, Sosa n°5, Branche paternelle

Publié le par Dominique

Ci-dessous, une petite synthèse des informations dont je dispose sur Denise Jeanningros, ma grand-mère paternelle, née le le 27 mars 1897 à Gray-la-Ville, Haute-Saône, Franche-Comté. Toute sa famille était originaire de cette région (Doubs, puis Haute Saône). Ils étaient meuniers, cultivateurs, tonneliers…
Sur son acte de naissance, Denise était dite « née de père inconnu » et de mère, sans profession, domiciliée à Gray-la-Ville. En mention marginale cependant, il était annoté que sa mère, Berthe Jeanningros, célibataire, domestique, domiciliée à Dijon, l’avait reconnue, le 5 octobre 1897 et qu’elle fut «légitimée » par le mariage de ses parents en 1908 ! (Il peut donc subsister un doute sur la filiation paternelle. Charles Connevot est-il réellement le père de Denise, où l’a-t-il reconnue à la demande de la mère ?).
Elle épousa à Gray-la-Ville, en 1916, Alphonse Valentin, fil conducteur de "mon" challenge AZ 2015. Où se sont-ils rencontrés ? Mystère. Comment se déroula le mariage ? Mystère. Pas une photo du mariage dans les papiers trouvés.
Elle décéda en mai 1980 à Lorient, Morbihan, Bretagne et y repose aux côtés de son époux.

Denise Jeanningros, Ma grand-mère, Génération 3, Sosa n°5, Branche paternelleDenise Jeanningros, Ma grand-mère, Génération 3, Sosa n°5, Branche paternelle

Une première photo, non annotée. Il se pourrait donc que, sur cette photo prise à Dijon, figurent Berthe Jeanningros et sa fille Denise. Quoique sa belle-fille Geneviève croit se rappeler que son beau-père, Alphonse, lui aurait dit que Berthe Jeanningros était blonde aux yeux bleus…Alors mystère…
Une deuxième photo, tout aussi vierge de commentaire. Denise enfant, je la reconnais. Mais qui l'accompagne ? Elles ont un air de famille. Sa grand-mère, Sophie Foltête ? Cette tenue vestimentaire est vraiment stricte, quant à la coiffe ? Je me perds, encore une fois, en conjonctures...

La légende familiale disait que la mère de Denise était morte à sa naissance et qu’elle avait été élevée par sa famille maternelle, les « Jeanningros ». Ses propres fils en étaient persuadés.
Jusqu’à ce que deux de ses petites filles, Pascale et Dominique, se lancèrent dans la généalogie et découvrirent alors, par le biais d’un acte de naissance et de deux actes de mariage, celui de Berthe ainsi que celui de Denise, que cette légende était fausse et couvrait un «secret de famille ». D'où la nécessité de bien demander des actes avec mentions marginales... et d'insister parfois pour les avoir. J'ai eu, il y a quelques années maintenant, quelques soucis avec l'état civil de Gray-la-Ville. La personne, avec qui j'étais alors en contact par courrier puis téléphone, s'était montrée, pour le moins, peu aimable et coopérative. Il a fallu que je menace d'écrire à qui de droit pour obtenir enfin mon document. La première et l'unique fois, où j'ai eu un problème relationnel dans mes recherches ! Il me semble que demander l'acte de mariage, avec mentions marginales, de ses grands-parents ne relève pourtant pas d'une démarche abusive !

Sur son acte de mariage avec Alphonse Valentin en 1916, il y était écrit qu’elle s’était mariée en présence de ses parents, Berthe, née Jeanningros, et Charles Connevot. Ce qui corrobore bien les mentions marginales portés sur l'acte de mariage de sa mère, en 1908.
Exit la légende de Denise orpheline de mère à sa naissance.
En ces temps, il n’était pas bon de naître « hors mariage »… Par ailleurs, sa mère travaillait. Elle fut donc élevée, dans sa petite enfance, par son oncle et sa tante, orpheline, aux yeux des «autres »… Mais a-t-elle été élevée un temps par ses parents, une fois « reconnue » ? une fois sa mère mariée ? Quelle explication lui a-t-on donné ? Quand et comment a-t-elle su qui était sa mère ? Se sont-elles aimées ? estimées ? Questions qui resteront désormais sans réponse...

Son « père », Charles Connevot, mourut à la guerre en 1918. Quant à sa mère, Berthe, sa piste est perdue pour le moment. Que fit-elle une fois veuve ? S’était-elle remariée ? Où a-t-elle vécu, où est-elle décédée ? Avait-t-elle gardé le contact avec sa fille, Denise ? Etait-elle entrée en religion (vu le contexte dans lequel vivait ma grand-mère, pourquoi pas ?). Je n'en sais rien, je n'ai pas une photo, une lettre, un document, un témoignage, une base généalogique style geneanet, qui puissent m'aider à retrouver sa trace. Encore une fois patience et ténacité sont de mise. Ne dit-on pas que tout vient à point à qui sait attendre ?

Denise a beaucoup souffert de cette situation. Son mari, Alphonse, respectera son souhait de ne rien révéler à quiconque, y compris à ses propres enfants…

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Denise Jeanningros, Ma grand-mère, Génération 3, Sosa n°5, Branche paternelleDenise Jeanningros, Ma grand-mère, Génération 3, Sosa n°5, Branche paternelle

Denise et Alphonse Valentin, en compagnie des oncles maternels de Denise, Alexandre Arthur, dit « Nonnon » et Marie Joseph Auguste Albert Jeanningros, l’épouse de ce dernier, couple réputé avoir élevé Denise. Photo prise probablement à Gray-la-Ville mais avant ou après le mariage ?
Le curé est-il un Jeanningros ? Est-il le « curé » Cloué, jeune ? Celui qui resta en contact permanent avec le couple, qui leur rendit visite plus tard au Maroc, notamment pour la communion de leur fils aîné, Jacques, et qui dédicacera, d'ailleurs, son missel ? Et qui est ce curé Joseph Cloué ? Comment connut-il les Jeanningros ? Denise ? Berthe ? Etait-il apparenté ?
Quel est ce grand oncle Auguste à qui il fait allusion ? Serviteur de l'Eglise ? Catholique fervent qui participait aux activités de la paroisse ou catholique rentré dans les ordres ? J'ai bien trouvé des grands oncles avec "Auguste" dans la succession des prénoms donnés, j'ai bien trouvé un Auguste seul, mais boulanger. A moins qu'il ne m'en manque encore un...
En surfant sur le web, je pense avoir peut-être retrouvé une piste pour Joseph Cloué et Auguste Jeanningros, sur le site du diocèse de Besançon, qui tient une base historique du clergé comtois, ainsi que sur un site mentionnant la paroisse Jeanne Antide à Hérimoncourt. A creuser.
Les actes d'Etat Civil du Doubs seront peut être un jour numérisés ? La lecture des tables décennales ne m'ont pas suffi pour trouver un début de piste.
Il y a aussi une soeur Odile dans le "paysage", la marraine de son fils cadet, qui ne l'a rencontré qu'une fois et qui ne sait rien d'elle ! Elle envoyait aussi des images pieuses pour les communions des deux frères. J'ai retrouvé une ou deux photos. Pensant qu'elle était peut être de la famille, j'ai envoyé des courriers. Nous en reparlerons.

Denise semblait être attachée à sa famille. Dans les premières années de son mariage, elle vécut près d'elle, à Gray-la-Ville ; son fils aîné y est né. Puis elle suivit son époux au Maroc, à Taza, où naquit son fils cadet, Jean Claude. Elle emmena dans ses bagages un de ses oncles maternels, Alexandre Arthur Jeanningros, sans que l'on en connaisse la raison. Il resta auprès du couple, et le suivit dans tous ses déplacements. Il décéda au Maroc, le seul de la famille dont le corps ne fut pas rapatrié en France.

Que dire d'autre ? En fait, lorsque nous avons quitté le Maroc, nous nous sommes très peu vues, brièvement, peut être deux ou trois fois. Ils sont revenus en France pour revoir leur famille en Franche Comté, en Lorraine, en Bretagne... Quelques jours à droite, à gauche...

Et bien que je lui écrivais régulièrement, afin "d'égayer" leur vie devenue bien solitaire à Meknès, je sais peu de choses d'elle...
Je crois me souvenir que sa cuisine était lourde, au saindoux (habitude ramenée de Franche-Comté ?) et que les déjeuners duraient longtemps, surtout aux yeux d'un enfant... Les repas se composaient souvent de charcuterie et de viande.
Elle adorait les animaux, il y avait des chiens, des chats qu'elle nourrissait de "mou". Cela m'horrifiait, je ne sais pourquoi.
Elle brodait...
Et surtout elle était très dévote, la religion comptait beaucoup pour elle. Elle avait de nombreuses images pieuses, en envoyait ou en offrait beaucoup, recevait les prêtres, pères, etc…, à toute occasion chez elle. Lorsque son mari faillit mourir en 1927 (tuberculose), elle fit un vœu (mais lequel ?) pour qu’il survive. Elle fut exaucée ! A moins que cela n'ait rien à voir... Quoiqu'il en soit, elle se rendit même à Lourdes.

Notre Dame de MeknèsNotre Dame de Meknès

Notre Dame de Meknès

Denise fut une femme extrêmement jalouse, qui adorait son mari et son fils Jean Claude. Elle ne s’entendait pas très bien avec son fils aîné Jacques ! Elle fut très dure avec lui, et ne lui facilita pas la vie, dès son plus jeune âge, allant jusqu'à l'empêcher de faire des études. Pour quelle raison ? Peut être parce qu'elle ne l'avait pas élevé elle-même et qu'elle l'avait confié à une nourrice (par obligation ? Par crainte que son époux, Alphonse, tuberculeux ne le contamine ? Il était à l'époque très malade, et avait failli mourir ?) ? Peut être parce qu'elle le trouvait trop "rebelle" vis-à-vis d'elle ? Aussi entêtés l'un que l'autre.
Elle gardait dans son portefeuille de nombreuses photos de son mari, de son fils Jean Claude, pas une de Jacques. Ce sera cependant lui, qui, après le décès de son père (qu’a contrario, il adorait), la prendra en charge. Un temps à son domicile, puis en maison de retraite à Carnac.
Elle ne supportait pas de vivre sans son mari et n’attendait que de le rejoindre dans la mort.
Elle mourut à Lorient, le 12 mai 1980, d’une présumée crise d’urémie. Quant à moi, je pense qu'elle s'est laissée tout simplement partir. Son décès m'a peiné.
Elle fut inhumée aux côtés de son époux, sous le nom de Denise Valentin, à sa demande.
Ni Jeanningros, ni Connevot. Un ultime refus de porter le nom de son "père" ?
Quant à moi, je n'ai fait que quelques recherches du côté "Connevot", pour trouver une trace éventuelle de Berthe, au cas où elle aurait continué à fréquenté l'entourage de son mari Charles, après son décès. Je n'ai rien découvert, et je n'ai pas été plus loin, n'en éprouvant pas plus d'envie que cela, ne sachant pas s'il était vraiment de la "famille"... Pas très gentil de ma part, j'en conviens, mais j'ai tant à trouver, et si peu de temps...

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