Louis Joseph Raimond (4), Mon grand-père, Génération 3, Sosa n°6, Branche maternelle

Publié le par Dominique

Louis Joseph Raimond 1939-1940
Louis Joseph Raimond 1939-1940

Geneviève, sa fille cadette, ma mère donc, avait dix ans quand la seconde guerre mondiale éclata. Son père, bien que réserviste, se porta volontaire. Son épouse et ses deux filles restèrent au Maroc. Pour Geneviève, tout bascula. Elle assista au départ de son père avec beaucoup de tristesse. Dans ses bagages il emportait une petite trousse de toilette qui lui appartenait et dont elle lui avait fait cadeau pour cette occasion.
Il partit en 1939 en tant que Capitaine d'Artillerie à l’Etat Major de la 1ère Division Marocaine. A Vincennes, au SHAT (Service Historique des Armées de Terre), j'ai parcouru les JMO (Journal des Marches et Opérations) de la 1ère division Marocaine pendant la campagne de 1939 à mai 1940 ainsi que la notice historique sommaire de cette division, afin d'avoir une idée des opérations menées par celle ci. J'y appris ainsi qu'elle fut pratiquement dissoute en mai 1940 ; son chef, le Général Mellier, ainsi que de nombreux combattants, furent capturés le 31 mai à Lille.

Il fut, par une balle à la poitrine, mortellement blessé, ainsi que le Sergent Chef Marc Fougeyrollas qui l'accompagnait, le 27 mai 1940, dans le Nord, région Nord-Pas de Calais, près de la frontière belge, à Annoeullin, rue Salengro," au cours d'une mission de liaison avec des armes anti-chars, après avoir fait déjà preuve, le 26 mai à Carvin au cours d'une mission d'observation d'un admirable mépris du danger" (mots tirés de la proposition de remise de la Légion d'honneur à titre posthume faite par le Colonel Crepin).

Il y fut également enterré, du moins provisoirement.

Annonce d'Obit et PresseAnnonce d'Obit et PresseAnnonce d'Obit et Presse

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Son acte de décès fut dressé le 28 mai 1940, à 15 h, sur la déclaration de Jules Bonnel (orthographe non garantie, écriture difficilement lisible), 51 ans, garde champêtre, domicilié à Annœullin.
Il décèda le 27 mai 1940, mais son décès ne fut confirmé qu’un an après sa mort par la Croix Rouge qui en informa alors sa famille en France (sa soeur, puis sa mère) durant la fin de l'été 1941. Ces dernières en avisèrent sa famille au Maroc : son épouse, ses filles.

Une semaine avant son décès, il écrivit à son épouse, au Maroc, de ne rien lui envoyer, la situation étant tellement confuse, que cela risquait de se perdre. Puis il ne donna plus de nouvelles.
D'après son dossier au Shat, les autorités militaires ne surent pas tout de suite ce qu'il lui était advenu, ainsi qu'à son compagnon, et entreprirent des recherches. En avril 1941, ils prirent contact avec la Croix Rouge Internationale et leur demandèrent d'informer la famille de la mort du capitaine Louis Joseph Raimond.

Courriers de la Mairie d'Annoeullin, de la Croix Rouge InternationaleCourriers de la Mairie d'Annoeullin, de la Croix Rouge InternationaleCourriers de la Mairie d'Annoeullin, de la Croix Rouge Internationale

Courriers de la Mairie d'Annoeullin, de la Croix Rouge Internationale

Il fut ré inhumé en 1950 à Saint-Jacut-de-la Mer, Côtes d'Armor, Bretagne, dans le village où demeurait sa mère, en présence de sa fille cadette, Geneviève, alors présente pour ses études à Paris. Sa veuve et sa fille aînée, au Maroc, ne se déplacèrent pas.
Il repose dorénavant, dans le même caveau, avec sa mère et son épouse, dont le corps fut rapatrié du Maroc, après son décès.

Articles de presseArticles de presse

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Madame Morand, qui le logeait à Annoeullin, en 1940, aurait rapporté à son épouse et ses filles, venues du Maroc, en 1947, se recueillir sur sa tombe provisoire, les faits suivants : « La première division marocaine serait partie, en retraite, (elle a été faite prisonnière dans sa totalité quatre jours après le décès de Louis Joseph Raimond). Le général ??? a demandé un volontaire pour partir rechercher des papiers oubliés à Annœullin. Il est parti en moto, avec le Sergent Chef Marc Fougeyrolles. En arrivant à Annœullin, ils se sont trouvés devant un barrage allemand de mitrailleuses, ils ont été tués. Les habitants n'ont pu aller chercher les corps que la nuit venue, le Maire, Monsieur Paray, et elle-même les ont cachés trois jours dans leur cave. »

Il fut déclaré "Mort pour la France", à Paris le 9 juin 1942 et reçut la Croix de guerre avec palmes ainsi que la Légion d'Honneur à titre posthume. Ses filles, Marie Louise et Geneviève, furent déclarées "Pupilles de la Nation". La demande de proposition pour la croix de la Légion d'Honneur a été faite par le Colonel Crespin.
Il fut aussi décoré dans l’ordre du Ouissam Alaouite Chérifien (décoration du Maroc).

Sa fille cadette, ma mère donc, recevra en mains propres la Légion d’Honneur de son père et déposera une gerbe aux Monuments aux Morts de Meknès, lors de la cérémonie. Sa sœur aînée et sa mère, dans la foule, ayant refusé de la recevoir, avaient «délégué cet honneur » à Geneviève… Moment douloureux.

Louis Joseph Raimond (4), Mon grand-père, Génération 3, Sosa n°6, Branche maternelle
Louis Joseph Raimond (4), Mon grand-père, Génération 3, Sosa n°6, Branche maternelle

Une plaque commémorative à son nom fut apposée dans le hall de l'administration des Travaux Publics, dans l'arrondissement de Meknès. Une rue de Meknès portera son nom jusqu’à l’indépendance du Maroc.

Je n'ai pas eu le bonheur de le connaître, je le regrette beaucoup.

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