Les "Rattaire", ascendants et collatéraux... Norbert, génération VIII, mon sosa 144 (1749 - 1835)

Publié le par Dominique

 

Norbert Rattaire, le troisième fils de Joseph et Marie Simon, naquit le 06/03/1749 à Nompatelize. Il se maria à deux reprises, l'une à Raon l'Etape avec Marguerite Gillet, le 12/01/1774, l'autre avec Marguerite Gaillard le 13/03/1798 à Saint-Michel-sur-Meurthe, à peine deux mois après le décès de sa première épouse ! Cela dit, il ne l'épousa pas pour élever ses enfants du premier lit, puisqu'ils étaient déjà adultes !

Il fut cultivateur / manœuvre selon les actes, dont certains, qu'il fut amené à signer (mariages, sépultures), plus ou moins aisément, toutefois de mieux en mieux, les années passant.

De son mariage avec Marguerite Gillet, il eut onze enfants en l'espace de vingt quatre ans ! Six garçons, cinq filles. Dont 4 morts nés, deux décédés à 6 jours et 8 jours, deux à trois et 26 mois !
Trois seulement survécurent : Marie Mathilde jusqu'à ses 56 ans, Jean Baptiste jusqu'à ses 85 ans et Pierre (mon sosa 72) jusqu'à ses 68 ans.
Marguerite n'eut probablement pas une vie facile ! De nombreuses grossesses, peut être voulues, mais des enfants qui lui causèrent probablement plus de chagrins que de joies ? Car aussitôt né(e)s, aussitôt  - ou presque - décédé(e)s ! Des grossesses quand même menées à terme ? Des accouchements prématurés ? Rien ne transparait, bien sûr, dans les actes.

L'emploi de termes, comme "mâle", mais surtout "femelle" (ce sont les termes usités de l'époque, je le sais), l'absence de prénoms, m'interpellent :

  • "est né un enfant femelle, fille..., le baptême ayant été différé par le danger de transporter à l'église la matrone l'avait ondoyé...".
    Le document tient lieu d'acte de baptême et de sépulture. Pas de prénom pour la petite.
  • "est décédé un enfant mâle, de..., âgé d'une heure.
    Mêmes remarques que pour sa sœur. Il n'est pas signifié qu'une matrone l'ait ondoyé... mais il est inhumé avec les cérémonies ordinaires.
  • La troisième, Marguerite, ayant vécu six jours, a droit à la fois à deux actes en bonne et due forme, baptême et sépulture, et a un prénom. Pas de notion de "femelle"...
  • Idem pour Marie Catherine, huit jours. Nous sommes en 1792. Le curé est cependant toujours là, il signe les deux actes.
  • Puis vint "Une fille" et non plus une femelle, qui, pour 1 heure de vie, eut un seul et même acte. Pas de prénom. Plus de curé, mais un officier public qui se déplace, constate le décès, et le consigne.

La liste n'est pas exhaustive.
Le père est présent à chaque inhumation.

Une vie misérable pour le foyer, un travail épuisant, une mauvaise alimentation, un souci récurrent d'ordre gynécologique ? Des raisons qui pourraient expliquer, entre autres, ces huit accouchements malheureux ?
J'ai pu lire dans une monographie communale publiée aux AD 88 (Haut Ban d’Étival. État des communautés rurales à la veille de la Révolution. (30 mars 1889)) combien la vie était difficile, notamment pour les paysans de Nompatelize. Deux extraits ci-dessous. 


Marguerite Gillet, dont l'orthographe varie de Juliet, Juillet à Jule, Julet, etc... descendrait, de par son arrière-grand-mère, Charlotte Frémion, épouse de Jacques Gillet, d'une lignée présumée noble... A vérifier et revérifier... Un jour peut-être. Le temps me manque actuellement pour me lancer dans de telles recherches. 

Devenu veuf, Norbert épousa en seconde noces une autre Marguerite, nommée Gaillard, cette fois-ci. Il ne tarda vraiment pas ! Seulement deux mois après le départ, le 25/01/1798, de la première Marguerite vers d'autres cieux. "Trompait"-il cette dernière de son vivant ? Connut-il LE coup de foudre ? Ne supportait-il pas la solitude ? Ne savait-il pas se "débrouiller" seul ?
Comment le savoir ? Mon imagination débridée s'en donne parfois à cœur joie, je l'avoue...
Son fils Jean Baptiste et son gendre furent ses témoins lors de la cérémonie.
A priori, ils n'eurent aucun enfant...

Il connut à nouveau la solitude, lorsque Marguerite rendit son âme le 18/01/1825, à Nompatelize. Leur vie commune aura duré vingt sept ans.
Norbert, quant à lui, déclaré invalide sur son acte de décès, rejoignit ses Marguerite(s) dans la tombe le 27/03/1835 et fut inhumé à Nompatelize. Aucun de ses enfants ne furent témoins !

Cela peut s'expliquer pour sa fille Marie Mathilde décédée en 1831.
Mais pour ses fils ? Ils résidaient non loin les uns des autres !
Jean Baptiste, l'un de ses fils, naquit le 09/11/1777 à Nompatelize, y épousa le 10/12/1795, à 19 ans, une veuve, Anne Ferry, la cinquantaine ! A priori la différence d'âge ne posa aucun souci à ses parents Norbert et Marguerite qui y assistèrent. Un mariage arrangé ? Une grosse dot ? Pourquoi pas un mariage d'amour ? Après tout... Elle décéda une dizaine d'années plus tard. Il se consola rapidement car, trois mois après l'inhumation d'Anne, il convola en secondes noces, en 1806, avec une "jeunette" cette fois-ci, Marie Catherine Colin, 32 ans.

Sources :
AD 88

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